Les secrets de la fontaine Bartholdi place des Terreaux à Lyon révélés par des experts

😊 Quand je me promène place des Terreaux à Lyon, la fontaine Bartholdi attire immédiatement le regard : une composition théâtrale où une femme domine quatre chevaux jaillissants. Installée au cœur du quartier historique, elle joue le rôle d’un point de repère urbain autant qu’un objet d’histoire et de technique. Dans cet article je vous propose de décoder son origine, sa symbolique transposée, les choix techniques de Bartholdi et le chantier de restauration qui a redonné vie à ses effets d’origine.

En résumé :

Je vous guide devant la fontaine Bartholdi, une œuvre née pour Bordeaux et réinventée à Lyon, parfaite pour enrichir vos photos et votre balade sur la place des Terreaux. 📸

  • Spot et timing photo : au centre de la place, face à l’Hôtel de Ville, venez au lever du jour ou en début de soirée pour saisir la brumisation des chevaux.
  • Clés de lecture : signée Bartholdi, inaugurée en 1892, la femme est souvent lue comme Marianne et les 4 chevaux comme la Garonne, Loire, Rhône, Seine.
  • Détails à capter : surface en plomb martelé avec textures et reflets, pensez aux gros plans sur les naseaux et les crinières.
  • Restauration : travaux de 2016 à 2018, budget 3,58 M€, effets de narines fumantes enfin réalisés via brumisation et fibres optiques.
  • À faire autour : enchaînez avec le Musée des Beaux-Arts, l’Hôtel de Ville et la Galerie des Terreaux ; je vous conseille une visite guidée « secrets de Lyon ». 😊

Présentation de la fontaine Bartholdi

La fontaine Bartholdi se situe au centre de la place des Terreaux, face à l’Hôtel de Ville et à proximité immédiate du Musée des Beaux-Arts de Lyon. Sa présence structure l’espace et polarise les regards des promeneurs et des photographes.

Elle a été officiellement inaugurée le 22 septembre 1892, après un déplacement et des péripéties liées à son origine. L’œuvre est signée par Frédéric Auguste Bartholdi, sculpteur réputé pour ses compositions monumentales et son rôle marquant dans le patrimoine artistique français.

Origine controversée : de Bordeaux à Lyon

Avant d’arriver à Lyon, l’œuvre était pensée pour une autre ville. Voici le récit de ce déplacement plutôt inattendu.

Projet bordelais

Bartholdi avait imaginé la fontaine comme un « char triomphal » destiné à représenter la Garonne et ses affluents pour Bordeaux. Le dispositif sculptural, composé d’une femme conduisant un attelage de quatre chevaux, était conçu comme une allégorie fluviale ancrée dans le contexte bordelais.

Le projet était ambitieux, tant par la taille que par les matériaux envisagés. La facture technique et les coûts de réalisation ont rapidement posé problème pour la municipalité bordelaise, qui a finalement refusé l’œuvre pour des raisons budgétaires.

Acquisition par Lyon

Après le refus de Bordeaux, la ville de Lyon a acquis la sculpture, attirée par sa valeur artistique et son impact visuel. L’achat et l’installation ont permis à la fontaine de trouver un emplacement prestigieux, mais pas sans créer une tension symbolique.

Cet acte de transfert explique une partie du malaise historique : l’identité première de l’œuvre reste liée à Bordeaux, ce qui pose la question de son adéquation à la ville lyonnaise. Ce déplacement illustre comment une œuvre peut être dissociée de son intention première et réinterprétée selon son nouveau contexte urbain.

Une allégorie réinterprétée : Lyon et ses fleuves

La réinstallation de la sculpture à Lyon a nécessité une réadaptation du discours symbolique. La suite décrit ces glissements d’interprétation.

La femme et Marianne

À Lyon, la figure féminine du char a été souvent assimilée à Marianne ou à une allégorie nationale, plutôt qu’à une personnification locale de la Garonne. Cette lecture repose sur une volonté de nationaliser l’œuvre et d’effacer son ancrage bordelais.

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Cette transformation de sens n’est pas seulement rhétorique. Elle a servi à inscrire la fontaine dans un récit plus large, celui de la République et de l’unité nationale, facilitant ainsi son acceptation dans l’espace public lyonnais.

Les quatre chevaux et les fleuves

Les quatre chevaux sont fréquemment interprétés comme les représentants des quatre grands fleuves français : la Garonne, la Loire, le Rhône et la Seine. Cette lecture élargit la portée de l’allégorie, lui donnant une dimension métaphorique nationale.

Ce choix interprétatif gomme l’originelle référence bordelaise et impose une lecture collective et symbolique. Pour les guides et historiens locaux, cette réinterprétation facilite l’intégration de la fontaine dans les parcours patrimoniaux, tout en suscitant des débats chez les spécialistes du patrimoine local.

Ajustements techniques pour Lyon : une fontaine à fleuve unique

Le passage de Bordeaux à Lyon a posé un problème plus pragmatique que symbolique : celui de la logique hydraulique du monument.

Conception initiale pour un seul fleuve

La fontaine a été conçue pour illustrer un fleuve unique, avec une cascade centrale et un jeu d’eau adapté à cette configuration. Cette structure fonctionnait dans l’idée d’une représentation fluviale unique, comme on le souhaitait à Bordeaux.

Dans le contexte lyonnais, qui se caractérise par la présence simultanée du Rhône et de la Saône, cette conception semble incongrue. La fontaine conserve son dispositif de fleuve unique, ce qui alimente des discussions sur la pertinence du symbole dans une ville à deux cours d’eau.

Débats sur la pertinence symbolique

Des voix se sont élevées pour questionner la cohérence entre l’œuvre et la géographie locale. Certains estiment que la fontaine, malgré sa qualité artistique, ne reflète pas l’identité hydrologique de Lyon.

Pour d’autres, l’aspect symbolique, transformé en représentation nationale, dépasse la question de la fidélité géographique. Ce débat montre comment l’art public peut générer des lectures divergentes selon les attentes locales et la mémoire collective.

Un chef-d’œuvre technique en plomb martelé

Bartholdi a choisi une technique inhabituelle qui explique en grande partie la singularité de l’œuvre. Je détaille ci‑dessous les aspects techniques et leur portée patrimoniale.

La technique du plomb martelé

Plutôt que d’utiliser le bronze coulé traditionnel, Bartholdi a opté pour une ossature métallique recouverte d’une « peau » en plomb martelé. Cette méthode consiste à façonner des feuilles de plomb par martelage pour habiller la structure interne.

Ce procédé est à la fois délicat et rare. Le plomb, plus souple et plus vulnérable que le bronze, demande un savoir-faire spécifique et une maîtrise de la manipulation du métal pour conserver les formes et les volumes souhaités.

Appréciation des experts

Les spécialistes du patrimoine louent ce choix technique pour son audace. La combinaison d’une armature et d’une peau martelée confère à la surface des effets de texture et de lumière spécifiques, difficiles à obtenir avec d’autres techniques.

On rapporte souvent la remarque : « Rodin a donné vie au bronze ; Bartholdi a donné vie au plomb », phrase qui souligne l’originalité du geste artistique et son intérêt pour les restaurateurs et historiens d’art.

Les effets spéciaux : un fantasme de Bartholdi réalisé

L’un des aspects les plus spectaculaires est lié à un effet que Bartholdi avait imaginé, mais que la technique de son époque n’avait pas permis d’exécuter pleinement.

Narines fumantes, un projet ancien

Bartholdi rêvait d’insuffler une animation supplémentaire aux chevaux en créant des narines fumantes, simulant vapeur et souffle. À la fin du XIXe siècle, la technologie disponible n’a pas permis de stabiliser un tel dispositif en extérieur.

Le concept restait donc inabouti pendant plus d’un siècle, alimentant les récits autour de l’œuvre et son inventivité technique. Pour les amateurs, cette idée ajoutait une dimension presque théâtrale à la sculpture.

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Réalisation contemporaine

Lors de la restauration menée entre 2016 et 2018, les équipes ont recréé l’effet grâce à un système moderne de brumisation associé à des fibres optiques. Le résultat restitue le projet initial de Bartholdi avec des moyens contemporains, offrant une lecture à la fois fidèle et renouvelée de l’œuvre.

Cette réussite technique illustre comment la conservation peut permettre d’accomplir des intentions artistiques originelles, en s’appuyant sur des solutions technologiques adaptées aux contraintes actuelles.

La restauration en tant que modèle de conservation

La fontaine a fait l’objet d’une opération de grande ampleur, présentée comme un exemple pour la conservation des sculptures en matériaux fragiles.

Travaux 2016–2018

Classée Monument Historique en 1995, la fontaine a été démontée pour des travaux importants entre 2016 et 2018. Le chantier a inclus la remise en étanchéité du bassin, la restauration de la pierre, la réparation de la structure métallique et la modernisation des dispositifs d’eau et d’éclairage.

Le démontage a permis un accès complet aux éléments en plomb martelé et a donné l’occasion de diagnostiquer et traiter des pathologies structurelles souvent invisibles in situ. C’est cette phase qui a rendu possible la réintroduction des effets originaux, comme la brumisation des narines.

Budget et héritage

Le chantier a été chiffré à 3,58 millions d’euros. Ce montant reflète l’exigence technique du travail sur un matériau fragile et la coordination d’équipes pluridisciplinaires : restaurateurs, ingénieurs, hydrauliques et historiens d’art.

Pour les professionnels, l’opération est devenue un cas d’école en matière de conservation, notamment pour la gestion d’une surface en plomb martelé et pour l’intégration d’éléments techniques contemporains sans trahir l’esthétique de départ.

Pour résumer les étapes principales et les coûts associés, voici un tableau synthétique qui aide à comprendre l’ampleur du chantier.

Phase Actions principales Coût estimé
Démontage Dépose des éléments sculptés, inventaire Environ 0,6 M€
Restauration structurelle Réparation ossature métallique, consolidation du plomb Environ 1,4 M€
Étanchéité et hydraulique Remise en étanchéité du bassin, nouveaux circuits d’eau Environ 0,9 M€
Finitions et technique Éclairage, système de brumisation, remise en place Environ 0,68 M€

La fontaine Bartholdi : un point de départ pour découvrir les secrets de la place des Terreaux

La fontaine n’est pas un objet isolé, elle s’inscrit dans un réseau d’éléments historiques et d’espaces peu visibles qui composent la place des Terreaux.

Ensemble urbain et lieux cachés

Aux côtés de l’Hôtel de Ville et du Musée des Beaux-Arts, la fontaine forme un triptyque architectural qui structure la place. Son emplacement guide le regard vers des façades et des perspectives souvent photographiées.

La place recèle aussi des endroits moins exposés, comme la Galerie des Terreaux, un espace de 1 200 m² dissimulé derrière une porte discrète. Ces lieux cachés sont l’objet de curiosité pour les amateurs d’architecture et les photographes en quête d’angles originaux.

Visites guidées « secrets de Lyon »

De nombreuses visites guidées utilisent la fontaine comme point de départ pour dévoiler des récits méconnus, anecdotes historiques et lectures symboliques. Ces parcours permettent d’enrichir la compréhension de l’œuvre au-delà de sa forme.

Pour ceux qui apprécient la découverte urbaine, ces circuits offrent une approche contextualisée et souvent surprenante, reliant la fontaine aux transformations sociales et urbaines de Lyon au fil du temps. Je vous recommande d’écouter les guides locaux, ils apportent des détails qui ne sautent pas toujours aux yeux.

Pour conclure en une phrase, la fontaine Bartholdi est à la fois une œuvre déplacée et réappropriée, un défi technique et une porte d’entrée vers les histoires cachées de la place des Terreaux. 😊

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